Sous le commissariat de Francesca Seravalle
Pour le cycle d’automne 2026 à l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, le MBAL a le plaisir de présenter l’exposition Les premières photographies. Jusqu’à preuve du contraire.
Ce projet, porté par la commissaire et artiste Francesca Seravalle, est construit autour de l’étude des premières photographies. Dans cette perspective, chaque « première photo » agit comme la face émergée d’un iceberg, une histoire intrigante qui s’insinue dans l’esprit pour provoquer une réflexion profonde sur le médium.
Loin d’être un simple critère d’archivage, le concept de la première photo constitue une approche performative de la genèse photographique. Il s’agit de restituer l’aura authentique de l’instant primordial à une époque où l’image unique est menacée par la surabondance de la production.
Chaque « première » possède une capacité épiphanique car elle enregistre une expérience inaugurale et devient un jalon de la révolution culturelle. Ce projet remet en question la fixité de l’historiographie traditionnelle. L’histoire de la photographie évolue non seulement dans le futur, mais aussi dans le passé : à travers un processus de fouilles archéologiques, on découvre toujours de nouvelles premières photos. L’exposition analyse ainsi une définition de la photographie comme étant fluide, tant par sa nature technologique que par son impact social. L’histoire de la photographie est, avant tout, une histoire sociale et humaine. Si elle n’était pas utilisée au quotidien comme média primaire, elle serait reléguée à un laboratoire, au même titre qu’un microscope. C’est pourquoi le parcours est revisité par atlas visuels plutôt que chronologiques (la famille, la nature, les pères de la photographie, les cercles sociaux) car l’histoire humaine est faite de cycles vitaux.
En plaçant sur un pied d’égalité maîtres et techniciens anonymes, images iconiques et tests de laboratoire, Francesca Seravalle démontre que la photographie est un document conservant l’hic et nunc de sa société. Elle bâtit des théories comme des châteaux de cartes pour révéler l’inattendu. Elle interroge les inventeurs du Web, de Photoshop ou du copier-coller pour trouver les premières photographies, jusqu’à preuve du contraire. Parfois, elle espère être démentie : c’est seulement par l’erreur que la recherche progresse.
Le projet vise à susciter la curiosité et l’émerveillement du public face aux origines de la photographie à travers une présentation thématique, interactive et enrichie par une démarche de recherche contemporaine. L’objectif est d’ouvrir les archives photographiques au public en adoptant une approche thématique et ludique, loin d’une présentation purement chronologique, pour rendre l’histoire de la photographie accessible et fascinante.