Pour son cycle d’automne 2026, le MBAL a le plaisir de présenter l’exposition For One Solid Time, Wet : La piscine dans l’imaginaire. L’exposition explore la piscine en tant que motif majeur de l’histoire de l’art contemporain. Elle rassemble des artistes internationaux·ales qui ont exploré la complexité de la piscine, l’utilisant comme symbole à la fois de prospérité et de catastrophe, de joie et de solitude : une métaphore de notre quête d’ordre et de sérénité face à un avenir de plus en plus incertain.
Les co-commissaires de l’exposition sont Federica Chiocchetti, ancienne directrice du MBAL, écrivaine et curatrice basée à Paris, et Lou Stoppard, écrivaine et curatrice basée à Londres.
Ce projet trouve son origine dans un ouï-dire lié à l’histoire du MBAL. Par le passé, certains politiciens avaient proposé de fermer le musée pour le remplacer par une piscine couverte. Heureusement pour le patrimoine artistique et culturel du Locle, du canton de Neuchâtel et, plus largement, de la Suisse, ce projet n’a pas abouti ; l’équipe de commissaires a donc décidé de transformer cette menace en thème d’exposition. Dans le cadre de l’exposition, la piscine est considérée comme un instrument ou un environnement politique, présentant des similitudes avec le musée ou la galerie d’art : un espace où la lumière, les corps et les lignes sont contrôlés, où l’ordre prévaut sur le désordre, et où certaines limites régissent les comportements, les interactions et les normes.
Les œuvres sélectionnées plongent les visiteurs dans l’univers visuel, symbolique et émotionnel de la piscine. Loin d’être un simple lieu de loisirs, la piscine devient un espace de réflexion esthétique et sociale, un miroir de nos désirs et de nos angoisses contemporaines. À la fois objet architectural et sculptural, espace géométrique et cadre d’expériences physiques, la piscine incarne l’ordre, la maîtrise de la nature, mais aussi une forme de rêve collectif lié à la modernité, au bien-être et à l’intimité. Elle se révèle comme un lieu ambivalent, capable d’évoquer autant la sérénité que la solitude, la lumière que le vide, le luxe que la ruine. Dans un contexte de crise climatique et de raréfaction des ressources, l’exposition explore également les paradoxes entourant la gestion de l’eau et les inégalités d’accès à cette ressource vitale. Elle propose une interprétation critique et poétique de la piscine en tant qu’icône des sociétés occidentales, tout en mettant en lumière les récits alternatifs qu’elle peut véhiculer : queer, politiques, ou liés à la mémoire et au passage du temps. Parmi les artistes présentés figurent Judith Albert, Nazgol Ansarinia, Rossella Biscotti, Andrew Cranston, Blaise Drummond, Ellie Epp, Elmgreen & Dragset, Kate Gottgens, Alexander Hahn, David Hockney, Marie-Caroline Hominal, Alain Jacquet, Hilary Lloyd, Jean-Luc Manz, Daina Mattis, Alexandra Maurer, Ian Mwesiga, Antonio Oba, Michael Raedecker, Anastasia Samoylova, Denis Savary, Leanne Shapton, Mary Stephenson, Larry Sultan, Elisabeth Tonnard, Levi van Veluw, Eva Vermandel, Bill Viola, Caroline Walker et Pipilotti Rist