Ruba Abu-Nimah

© Corey Sipkin, 2020. Tous droits réservés.
 

Where did everybody go ? And what the fuck did YOU do during Covid-19?

24.10.20−31.01.21

Vernissage 23 octobre à 18h30

Les réseaux sociaux ont totalement changé les canaux traditionnels d’information et de communication. Auparavant, la presse nous informait de l’état du monde, entrecoupant les actualités de publicités, lesquelles se déployaient de la page imprimée aux murs de nos villes. A l’ère des réseaux sociaux, il n’est plus nécessaire d’acheter les magazines et les journaux, de regarder la télévision ou d’écouter la radio pour savoir ce qu’il se passe dans le monde. Les utilisateurs se partagent tout type de contenu, qu’il soit banal, original, futile, impactant, ludique, éducatif, commercial ou politique. Les médias comme les publicitaires tournent dès lors leur regard vers ces nouvelles plateformes où chacun est invité à s’exprimer.

Suivie de très près par ses 59’000 followers, la New-Yorkaise Ruba Abu-Nimah (1966) utilise Instagram pour y poster des images qui l’inspirent. Travaillant depuis plus de 30 ans en tant que directrice de création pour des marques de cosmétiques, Ruba Abu-Nimah a une connaissance encyclopédique de la photographie de mode et côtoie de grands créateurs avec lesquels elle collabore pour des campagnes de publicité. Vivant à Manhattan, elle fait l’expérience depuis 1995 du rythme effervescent de sa ville adoptive. Le 14 mars 2020, le premier matin qui suit le confinement imposé à New York, Ruba Abu-Nimah découvre une ville métamorphosée. Effarée par le silence qui y règne, elle sort de chez elle et documente avec son téléphone les rues désertes de la ville désormais barricadée. Deux mois plus tard, ces mêmes rues sont envahies par des foules qui manifestent contre la mort de George Floyd. Ruba Abu-Nimah sort à nouveau son téléphone et observe, choquée, les affrontements des manifestants avec les forces de l’ordre, des scènes parfois violentes qui donnent l’image d’une ville tombée dans l’anarchie. Lorsque la ville est le théâtre de manifestations anti-racistes Black Lives Matter, elle comprend celles-ci comme le symbole des crispations de l’Amérique contemporaine et l’importance d’en garder une archive visuelle.

Les images réunies dans cette exposition, postées à l’origine sur Instagram, sont le résultat d’une documentation collective qui a eu lieu sur 100 jours : celles de Ruba Abu-Nimah et d’adolescents de New York rencontrés au skatepark. Ensemble, ils ont parcouru et filmé la ville prise dans la tourmente des événements qui se succèdent. Après avoir vu ses rues désertées, New York a changé de visage. Ses habitants ont repris possession de l’espace public mais tout est désormais différent. Traversée par la pandémie et les tensions liées à la présidentielle américaine, l’année 2020 entre par ces images dans l’histoire.

Ruba Abu-Nimah (1966), d’origine palestinienne, de nationalité suisse, formée à Londres, Bruxelles et Paris, et établie à New York depuis 30 ans, est directrice de création pour la marque américaine de cosmétiques Revlon. Auparavant, elle a occupé le poste de directrice de la création mondiale chez Shiseido au Japon, où elle a été le fer de lance du rajeunissement de la célèbre marque de beauté. Primée par de nombreux prix, elle a également travaillé avec Nike, Bobby Brown et le ELLE américain pour lequel elle a été la toute première femme directrice de création. Des réseaux sociaux, de la publicité au conditionnement des produits ainsi qu’à l’architecture des magasins, le travail de Ruba Abu-Nimah se déploie au-delà de la création de visuels et propose une vision globale aux marques avec lesquelles elle travaille.

Une interview de Ruba Abu-Nimah par Joël Vacheron paraît dans la série « Pouvez-vous nous parler… », publiée par le MBAL.