Noémie Goudal

Noémie Goudal, Démantèlement I, série Démantèlements, 2018 © Courtesy de l'artiste et galerie Les Filles du Calvaire
Noémie Goudal, Exhibition view, Edel Assanti, London, 2018 © Will Amlot studio
Noémie Goudal, Telluris I, série Telluris, 2017 © Courtesy de l'artiste et galerie Les Filles du Calvaire
Noémie Goudal, Soulèvement VI, série Soulèvements, 2018 © Courtesy de l'artiste et galerie Les Filles du Calvaire
Noémie Goudal, Soulèvement I, série Soulèvements, 2018 © Courtesy de l'artiste et galerie Les Filles du Calvaire
Noémie Goudal, Telluris IX, série Telluris, 2017 © Courtesy de l'artiste et galerie Les Filles du Calvaire
           

Telluris

22.06.19−13.10.19

VERNISSAGE LE 21 JUIN à 18H30

Admettre que le paysage tient autant de la fiction que de l’artifice reste difficile, comme si cela contredisait notre expérience intérieure. Le travail fascinant de Noémie Goudal (1984) induit subtilement cette prise de conscience, par des dispositifs infiniment complexes et des approches théoriques à chaque fois renouvelées. La plasticienne investit le rez-de-chaussée du musée avec une installation labyrinthique, nous invitant à déambuler parmi une sélection de photographies récentes. L’artiste française, longtemps établie à Londres où elle s’est formée, puise une grande part de ses influences dans l’histoire des sciences. Après avoir évoqué notre rapport mouvant au ciel, la photographe consacre ses trois dernières séries à notre compréhension, tout aussi fluctuante, de la formation de la Terre, de ce qui ne s’appelait pas encore géologie, quand nous pensions les montagnes éternellement statiques. « Soulèvements » et « Démantèlements » nous rappellent qu’a contrario, le visage de la Terre dessiné par le relief est bien interminablement mouvant. « Telluris » souligne l’obsession humaine à vouloir saisir son milieu, comme si l’apprivoiser avec des équations rendait notre condition existentielle moins fragile. Noémie Goudal veut placer le spectateur dans une position active, autant par les décors immersifs qu’elle imagine pour présenter son travail, mais aussi par ce style unique, le plus souvent des photographies de grand format, vides de tous repères spatio-temporels, conçues comme une succession de couches. Au premier regard, la référence à la tradition photographique du paysage américain émerge, mais très vite, nous comprenons que nous ne sommes pas face à une image documentaire. L‘artiste laisse volontairement des indices nous conduisant à cette prise de conscience.

L’exposition est organisée en collaboration avec la galerie Les Filles du Calvaire, Paris. Une interview de l’artiste par Joël Vacheron paraît dans la série « Pouvez-vous nous parler … », publiée trois fois par an par le MBAL.