LA GRANDE TABLE

 

Artiste-femme ou femme-artiste ?

12.03.17

11h00

Si la femme a longtemps été écartée de l’apprentissage et de la pratique des arts pour des raisons culturelles, l’engagement pour en découdre avec l’invisibilité dont elle souffre en tant que créatrice et artiste n’en est pas moins actuel. Alors que les années 1970 ont vu l’essor des expositions collectives féminines, le mouvement d’affranchissement des femmes ne s’est pourtant pas accompagné durant ces mêmes années, ni d’une présence grandissante en galerie, ni d’un nombre accru d’expositions personnelles consacrées aux « femmes artistes ».

Alors que le 8 mars 2017 marque le centenaire de la Journée Internationale des femmes, il ne fait aucun doute que la parité n’est pas encore atteinte. Après des siècles d’invisibilité, le monde de l’art tente cependant un nouveau « marché » en consacrant de plus en plus d’expositions aux femmes artistes. Les chiffres restent toutefois clairs : en 2017, le fossé n’est pas encore comblé tant en terme d’expositions que de prix du marché. De plus, certaines artistes ne souhaitent pas être vues uniquement à travers le prisme du genre : femmes certes, mais avant tout artistes ! Le fait d’être une femme a-t-il encore une incidence sur le parcours professionnel ? Peut-on encore affirmer que le genre de l’artiste influe sur l’œuvre ?

Cette Grande Table est organisée dans le cadre de l’exposition que le MBAL consacre à Anni Albers, qui bien que restée dans l’ombre de son mari, le peintre Josef Albers, a développé une œuvre importante au cours du 20ème siècle.

Entrée libre, ouvert à tous !
Un événement organisé avec la Galerie C, Neuchâtel.

 

Invitées :

CAROLINE BACHMANN – Artiste

Après avoir suivi des études aux Arts Décoratifs de Genève, Caroline Bachmann s’installe et travaille successivement à Barcelone puis à Rome. Depuis son retour en Suisse en 2003, elle vit et travaille entre Cully et Berlin et est chargée d’enseignement à la HEAD (Genève). De 2004 à 2014 elle collabore avec l’artiste Stefan Banz avec lequel elle fonde en 2010 la Kunsthalle Marcel Duchamp | The Forestay Museum of Art. Son travail a été présenté à l’occasion d’expositions monographiques et collectives, en Suisse et à l’étranger (Allemagne, Chine). De 1997 à 2000 Caroline Bachmann a collaboré au projet Oreste à la Biennale de Venise en 1999. Elle a participé avec Stefan Banz à de nombreuses expositions,et leurs travaux sont conservés dans diverses collections privées et publiques, notamment au Philadelphia Museum of Art aux Etats-Unis.

 

SOPHIE BOUVIER AUSLÄNDER – Artiste

L’artiste lausannoise Sophie Bouvier Ausländer suit des études à l’ECAL (Lausanne) puis à l’Ecole Nationale supérieure d’Arts Visuels de La Cambre (Bruxelles).  En 2000, elle poursuit ses études à Londres et obtient un diplôme de la Central Saint Martins, College of Art and Design.  Depuis 2013, elle se consacre à sa thèse qu’elle effectue à la Slade School of Fine Art de l’University College of London, et qui porte sur l’étude du relief dans les œuvres contemporaines. La notion de relief est également questionnée dans l’art de Sophie Bouvier Ausländer, qui emploie autant le dessin que les installations. Elle est présente dans l’espace public et les collections privées, et plusieurs galeries de Lausanne, Paris ou Londres ont exposé son travail. En ce qui concerne sa présence dans les musées, en 2005 l’artiste a investi tous les étages du MBAL. Citons aussi l’exposition de 2014 Hotel Ausland, au Musée de Pully, et l’exposition Avalanche présentée jusqu’au 9 avril 2017 à la Fondation Louis Moret, à Martigny.

 

ISABELLE FALCONNIER – Journaliste

Journaliste culturelle et critique littéraire emblématique de l’Hebdo de 1998 au début de l’année 2017, Isabelle Falconnier est aussi présidente du Salon du livre et de la presse de Genève et, depuis avril 2015, déléguée de la politique du livre pour la ville de Lausanne. Celle qui savait lire avant même de commencer l’école se dirige tout naturellement à l’université vers des études littéraires, puis embrasse une carrière de journaliste. Passée maître dans l’art de manier les lettres et les mots, Isabelle Falconnier publie en 2015 dans le recueil collectif Les heures étoilées de ma vie, paru aux éditions de l’Aire, deux nouvelles : Fratello et La boîte à biscuits. La même année, elle est ordonnée par la France, Chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres.

 

ELISABETH LLACH – Artiste

L’artiste peintre neuchâteloise Elisabeth Llach est diplômée de l’ECAL (Lausanne) en arts visuels. Ses peintures et dessins, souvent en noir et blanc, ont fait l’objet de nombreuses expositions individuelles en Suisse, dont Et ce n’est pas fini au MAMCO à Genève (2005) ; Tout ira bien, au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne (2010), ou encore TOTCHIC au Centre d’art contemporain d’Yverdon-les-Bains (2016). Le succès se manifeste également à l’étranger. Elisabeth Llach est exposée en Chine au Xianning art museum de Shenzen (2012), ainsi qu’en France au Printemps de Septembre à Toulouse (2008). L’artiste enseigne à l’Ecole d’arts appliqués de la Chaux-de-Fonds.

 

MARION SCHULZE – Sociologue

Docteure en Sociologie de l’Université de Bâle (2011), Marion Schulze est maître assistante à l’Université de Neuchâtel. Elle enseigne les Etudes genre et s’intéresse aux sous-cultures régionales et à la culture populaire. Son domaine de recherche la mène à se questionner sur la manière dont les gens font la culture et déterminent le genre dans un monde fortement connecté et numérisé. Marion Schulze travaille principalement avec des méthodes ethnographiques en ligne et hors ligne. Son travail est multidisciplinaire. Il s’imprègne, en plus de la sociologie, de l’anglais, de l’art et de la pédagogie. En 2015, elle publie son premier livre en allemand, Hardcore & Gender, dans lequel elle explore le genre dans le hardcore. Un deuxième livre est en cours, A Visitguide to K-Dramaland. Ce dernier est basé sur l’étude de la réception en ligne de la série télévisée sud-coréenne K-Dramas.