BEAT STREULI

© Beat Streuli, Manhattan 17, 2020. Tous droits réservés.
 

Manhattan 17

24.10.20−31.01.21

Vernissage 23 octobre à 18h30

La photographie de rue a une longue tradition dans l’histoire de la photographie. Passants, architecture, agitation de la rue fascinent depuis longtemps les photographes qui se mêlent à la foule tout en prêtant un oeil attentif à ce qui les entoure. Depuis trente ans, l’artiste suisse Beat Streuli (1957) dirige sa caméra sur les habitants des villes alors même qu’ils sont absorbés dans leur quotidien. C’est bien un intérêt pour l’humain qui est au coeur de sa pratique. Les grandes métropoles de notre monde globalisé fourmillent de gens et l’espace public est le lieu où les anonymes se croisent. Alors qu’on prédit que deux personnes sur trois habiteront probablement dans des villes ou des centres urbains d’ici 2050, les rues traversées par les passants représentent l’expérience même de la vie contemporaine. Chez Streuli, la réalité quotidienne de ces passants devient formes, couleurs, rythmes, collages. Par cette installation monumentale, l’artiste interroge la puissance d’accumulation des images. Alors qu’aujourd’hui l’agitation du monde vient à nous à travers nos petits écrans, Streuli arrête le regard par ce jeu d’échelle imposant et en plaçant l’humain au centre de l’image. L’oeuvre, qui s’agence en une suite de portraits qui pourrait s’étendre à l’infini, n’est pas sans rappeler les écrans de cinéma ou les publicités qui recouvrent les murs de nos villes. Au MBAL, nous avons à coeur de sortir l’art de sa tour d’ivoire et de questionner les enjeux qui traversent notre société. À l’heure où on nous parle de maintenir la distance physique et du danger sanitaire d’être immergé dans la foule, le regard de Streuli sur les habitants des villes prend un sens nouveau et inédit.